Démarche artistique
Le processus créatif a pris du temps dans ma pratique. Mes premières années furent consacrées à écouter, regarder, sentir, côtoyer les artistes, les sachants, les autodidactes, analyser les maîtres et aller vers mes élans du cœur. Un apprentissage lent, humble et curieux. J’ai tout mis dans ma besace, un vrac hétérogène, un joyeux bazar fait de copies, de à la manière de, de ratages et de quelques pépites.
L’envie toujours chevillée au corps d’expérimenter ! Que ce soient les techniques, les sujets, les matériaux, les supports. Seule ou au sein d’ateliers, pour le fameux « regard de l’autre ». Les années ont passé, j’ai accumulé toiles et dessins, figuratifs, abstraits, sans grande cohérence. Je me suis obstinée, peu convaincue par mon travail, doutant toujours et encore.
En 2016, je me suis installée dans un petit atelier en Bretagne où j’ai rassemblé mes travaux. Je les ai contemplés des journées durant, je les ai classés. De cet ordonnancement est née la question de savoir où j’allais aller, vers quoi me portaient mes envies, vers quel esthétisme j’allais, quelle histoire je souhaitais écrire. Ce fut le point de départ de l’acceptation que mon travail n’était pas qu’une nécessité mais une œuvre à construire. Que derrière les heures de recherche, d’essais, d’abandons, de renoncements et d’enthousiasme, pointait une vraie démarche artistique autour de deux axes de réflexion : les horizons et la nature.
Mes fréquents séjours en Bretagne ont nourri ces deux thématiques. Toutefois, au-delà de leur évidente influence, sur le plan symbolique, ces sujets avaient un écho fort dans ma vie.
L’horizon est un lointain visible, un idéal de perfection vers lequel on tend, un champ des possibles, un lieu d’aventures et en même temps un point de finitude.
La nature est le lieu où j’ai grandi, avec des grands-parents attachés à la terre. La nature est multiple, féroce, nourricière, offrant des spectacles inégalés. Point de volonté de ma part de la porter en étendard d’une cause politique. Je ne suis pas une combattante, je ne revendique pas, mon travail n’a pas d’ambition d’engagement social.
Mon seul désir est de porter un regard singulier sur sa magnificence.
Au fil du temps, les horizons m’ont quitté et l’arbre a pris une place quasi unique dans ma création. Il est devenu central, indispensable, obsessionnel. Je l’observe, le décortique, l’écoute, le palpe, le scrute du bas vers le haut, à toute saison, sous toutes les latitudes. Quelle que soit son essence, son environnement, son âge, il me fascine.
Pourquoi ? Alexandre Hollan parle de la vibration invisible des arbres, du calme, de la lenteur, des vies silencieuses.
Les arbres ont également cet effet sur moi. Ils me conduisent vers la contemplation, vers une intimité où les mots deviennent des traits, des touches, des couleurs, des pleins, des vides, des lumières. L’arbre a une énergie souterraine et aérienne qui me vivifie, me transporte vers un bonheur absolu.
Mon travail s’inscrit-il dans un courant ? Au salon d’automne de Paris, il fait partie de l’espace figuration. Quant à l’insérer dans un courant, je n’en ai pas idée et pas de volonté particulière.
Il s’inscrit dans une démarche d’exploration et de patience, où la contemplation apporte la lumière de la vie.
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